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Maison Pacaud (824, Victoria)

Le tout premier journal en français dans la région est l’Etoile Canadienne fondé par Mr. Truax à Sandwich en 1870 puis repris par Joseph Ouellette et J. A. Girard. Il est publié de manière intermittente pendant une dizaine d’années. Il laisse sa place au Progrès créé vers 1881 et qui paraît à chaque semaine jusque vers 1919. Ses bureaux sont situés au 16, Pitt Street dans le centre-ville de Windsor, non loin de l’édifice historique du Windsor Star. Le Progrès devient au tournant du XXe
siècle le principal organe d’information de la communauté francophone de Windsor-Essex en pleine croissance (qui compte pour la moitié de la ville de Windsor) et contribue à stimuler la fierté canadienne-française et forger l’identité régionale qui naît de la rencontre des descendants des premières familles de colons avec les nouveaux arrivants venus de la vallée du Saint-Laurent et qui s’affirme progressivement. Ses fondateurs sont les frères Aurèle et Gaspard Pacaud (qui deviendra à 27 ans le plus jeune député élu au Parlement de l’Ontario, représentant la circonscription d’Essex Nord pour le parti Libéral), qui proviennent d’une famille de la région de Trois-Rivières au Québec qui jouit d’une certaine expérience et expertise dans la publication et l’impression de journaux.

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Les frères sont envoyés par Wilfrid Laurier, dont ils sont très proches, pour gagner la région la plus bilingue de l’Ontario à la cause des Libéraux. Desservant la communauté francophone des deux côtés de la rivière Détroit (elle reste significative du côté américain à cette époque, s’étendant de Grosse Pointe à Monroe), le Progrès affiche son penchant libéral dans sa couverture des réactions à la pendaison de Louis Riel au Manitoba et s’engage pour la défense des droits linguistiques des francophones en Ontario, notamment dans les écoles, l’éducation étant perçue à l’époque comme la porte qui va permettre aux Canadiens français d’entrer et de prendre pleinement leur place dans la société moderne.

Un autre journal, aux idées plus conservatrices celui-ci, est lancé par l’ancien éditorialiste du Progrès Hyppolite Girardot, un immigrant français, et Augustin Bodard. Connu d’abord sous le nom de Courrier d’Essex en 1884, il devient l’année suivante le Courrier de l’Ouest. Même s’il ne paraît que jusqu’en 1886, il sera le lieu de plusieurs échanges et débats (parfois virulents et acrimonieux) avec le Progrès, entre autres sur la question de l’éducation bilingue, soutenue par le Progrès, ou exclusivement en français dans des écoles séparées, défendue par le Courrier comme le seul moyen pour préserver la langue dans la région. Le premier journal francophone dans le comté de Kent est Le Canadien qui paraît en 1906. Deux hebdomadaires en français paraissent en réaction au tristement célèbre règlement XVII. Le Clairon (1913-1914) fait écho à la résistance des Canadiens-français du Sud- Ouest de l’Ontario à cette mesure, tout comme La Défense (1918-1920), qui commence à paraître dans la foulée du soulèvement de Ford City et qui sera suivi de La Presse Frontière (1921-1922). Les frères Pacaud vendent leur journal à la fin de 1918 à d’autres francophones, Damien Saint-Pierre, Antonio Lucier (Lussier) et Albert Leblanc. En 1927, le sénateur Gustave Lacasse de Tecumseh la Feuille d’érable qui va durer jusqu’à la fin des années 50. Il est remplacé par Le Rempart à partir de
1966, hebdomadaire qui est publié jusqu’à ce jour.
Gaspar Pacaud quitte son poste de rédacteur en chef du Progrès en 1892 mais reste très actif dans la communauté francophone. Il devient président de la Société Saint-Jean-Baptiste de la paroisse Saint-Alphonse et du Conseil scolaire des écoles séparées de Windsor. Il fait partie de la communauté des gens d’affaires de Windsor et est suffisamment fortuné pour se faire construire en 1895 une très belle demeure sur la rue en vogue à l’époque, l’avenue Victoria. Incarnant les idéaux progressistes de
son journal, il épouse une anglophone protestante de Bay City au Michigan et écrit en faveur du suffrage des femmes
https://projects.windsorpubliclibrary.com/digi/progres/fr/default.php

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