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Magasin Robinet (3200, Sandwich)

Doté d’un climat chaud et ensoleillé favorable à la culture viticole et grâce à sa proximité avec les Etats-Unis, Windsor va développer une importante industrie du vin et des spiritueux. Si l’Américain Hiram Walker est bien connu pour son whisky qu’il exporte du côté américain, le canadien français Patrice Bénéteau produit à la fin du XIXe siècle du brandy et de l’eau de vie (à la pomme, la cerise, la framboise, la mûre) dans sa distillerie située entre Sandwich et Windsor. Les principaux producteurs et marchands de vin de la région sont les familles Girardot et Robinet, des immigrants venus de France qui poursuivent les traditions ancestrales en Amérique. Arrivé en 1848 à la demande des missionnaires français Pierre et Nicolas Point qui cherchent à ouvrir des écoles dans la région, Théodule Girardot, d’abord enseignant puis directeur du collège l’Assomption jusqu’à sa reprise par les Basiliens en 1870, devient inspecteur et surintendant des écoles publiques du comté d’Essex et de la nouvelle province de l’Ontario à partir de 1867, ainsi que maire de Sandwich entre 1873 et 1877. Il s’associe pour un temps à Pierre-Antoine Robinet, originaire d’un village voisin en France, qui fuit comme plusieurs autres familles du Nord-Est la dévastation et la pauvreté laissées dans le sillon la défaite de 1870 contre la Prusse.

Le fils de ce dernier, Jules, rachète les parts de son père et fonde en 1883 sa propre entreprise viticole qui, grâce au savoir-faire des nombreuses familles françaises qu’elle emploie au fil des ans et à la diversification de ses activités (il sera propriétaire d’une briqueterie), de ses sources d’approvisionnement et de ses marchés, va graduellement supplanter la compagnie de son principal compétiteur, Ernest Girardot, fils de Théodule et lui aussi maire de Sandwich entre 1891 et 1902. Jules Robinet, qui contrôle déjà la production et le commerce du vin dans l’ensemble de la région, va profiter de sa position dominante pour s’enrichir encore plus avec l’imposition de la Prohibition aux Etats-Unis et en Ontario, ses ventes annuelles augmentant de près de 400% à partir de 1918, ce qui suggère qu’il a activement participé à la contrebande d’alcool qui a fait la fortune de plusieurs commerçants et “entrepreneurs” de Windsor.

Le magasin général que Jules Robinet fait construire en 1895, entouré de vignes à l’époque, existe toujours aujourd’hui à l’angle des rues Sandwich et Mill et se démarque par sa taille (c’est le seul bâtiment non institutionnel à trois étages du quartier). Par sa fortune, son influence, son accueil et son assistance, Jules Robinet est le doyen et le pilier de la petite communauté française de Sandwich (toute originaire de la région viticole de Franche-Comté, comme lui, et bien souvent apparentée à sa famille) dans les premières décennies du XXe siècle.

https://www.archives.gov.on.ca/en/explore/online/wine/wine_entrepreneurs.aspx

Jack Cecillon, “L’immigration française dans le Sud-Ouest ontarien, 1870-1940: quelques parcours migratoires”, Études Canadiennes / Canadian Studies, 86 (2), 2019

https://journals.openedition.org/eccs/2671?lang=fr

Jack Cecillon, “The World of Jules Robinet: Pioneer Winemaker”, Ontario History, 110, 2018, p. 9-34

https://swoda.uwindsor.ca/node/3444

https://swoda.uwindsor.ca/node/3491

https://swoda.uwindsor.ca/node/2223

https://swoda.uwindsor.ca/node/3487

Jack Cecillon, “The World of Jules Robinet: Pioneer Winemaker”, Ontario History, 110, 2018, p. 9-34

https://www.historicplaces.ca/en/rep-reg/place-lieu.aspx?id=7988https://www.historicplaces.ca/en/rep-reg/place-lieu.aspx?id=7988.

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