{"id":24010,"date":"2025-12-08T21:13:00","date_gmt":"2025-12-08T21:13:00","guid":{"rendered":"https:\/\/acfoweck.ca\/francotour\/?p=24010"},"modified":"2026-03-19T05:25:45","modified_gmt":"2026-03-19T05:25:45","slug":"radio-canada-a-windsor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/acfoweck.ca\/francotour\/radio-canada-a-windsor\/","title":{"rendered":"Radio Canada \u00e0 Windsor"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Radio-Canada \u00e0 Windsor<\/strong> n\u2019est pas seulement celle d\u2019une station. C\u2019est celle d\u2019une pr\u00e9sence francophone qui a d\u00fb s\u2019implanter, dispara\u00eetre, rena\u00eetre et se d\u00e9fendre pour exister. Une histoire qui commence dans les ann\u00e9es 1930, au moment o\u00f9 la radiodiffusion publique cherche sa voix dans un pays immense.<\/p>\n\n\n\n<p>1935. La Commission canadienne de radiodiffusion installe \u00e0 Windsor la station CRCW, l\u2019une des toutes premi\u00e8res radios publiques du pays. On y exp\u00e9rimente la diffusion nationale, on y teste le potentiel des ondes, encore fragiles mais prometteuses. En 1936, la Commission devient Radio-Canada. Le r\u00e9seau se structure, s\u2019\u00e9tend, mais Windsor ne gardera pas longtemps son \u00e9metteur : en 1938, la station cesse d\u2019op\u00e9rer. Pendant plus de dix ans, la r\u00e9gion reste sans pr\u00e9sence directe du service public \u2014 un vide m\u00e9diatique que seules quelques stations priv\u00e9es affili\u00e9es tentent de combler.<\/p>\n\n\n\n<p>La radio publique y revient en 1950, cette fois sous le nom CBE (Canadian Broadcasting&nbsp;Corporation Essex County), marquant le grand retour d\u2019un r\u00e9seau national dans une ville frontali\u00e8re expos\u00e9e \u00e0 l\u2019influence dominante des ondes am\u00e9ricaines. Mais un \u00e9l\u00e9ment manque encore : la langue fran\u00e7aise. Ce n\u2019est qu\u2019au tournant des ann\u00e9es 1970, dans un Canada transform\u00e9 par la mont\u00e9e des revendications identitaires, que le paysage sonore de Windsor changera v\u00e9ritablement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 18 mai 1970, la premi\u00e8re station francophone de Windsor na\u00eet. Elle s\u2019appelle CBEF. Sa port\u00e9e technique est modeste, mais symboliquement, elle est immense : les francophones du Sud-Ouest ont enfin leur antenne. Les premi\u00e8res ann\u00e9es sont exp\u00e9rimentales \u2014 effectifs r\u00e9duits, programmation limit\u00e9e \u2014 mais l\u2019outil existe. On y diffuse des nouvelles locales, des entrevues, un reflet culturel qui, jusque-l\u00e0, n\u2019avait jamais trouv\u00e9 haut-parleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des ann\u00e9es, la station s\u2019\u00e9toffe. Elle devient lieu de m\u00e9moire et d\u2019expression, formatrice de g\u00e9n\u00e9rations d\u2019auditeurs et de journalistes. Le passage \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision francophone (via rebond r\u00e9gional), l\u2019ajout de r\u00e9\u00e9metteurs FM, l\u2019\u00e9largissement du territoire couvert \u2014 tout cela contribue \u00e0 faire de Windsor un carrefour linguistique unique au pays : une radio francophone entour\u00e9e presque enti\u00e8rement d\u2019anglais.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019histoire n\u2019est jamais sans tension. En 2009, une annonce tombe : suppression de la production locale. Le choc est profond. Dans les \u00e9coles, dans les foyers, chez les organismes communautaires, on s\u2019inqui\u00e8te, on proteste. La radio n\u2019est pas seulement un m\u00e9dia \u2014 c\u2019est un fil vital dans la continuit\u00e9 linguistique d\u2019une minorit\u00e9. La mobilisation porte fruit. Une ann\u00e9e plus tard, une partie de la programmation locale revient. La voix francophone n\u2019a pas disparu.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui encore, CBEF diffuse, r\u00e9siste, s\u2019adapte. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique, \u00e0 la bande FM, \u00e0 l\u2019engagement continu de sa communaut\u00e9, la radio demeure un ancrage culturel dans le Sud-Ouest ontarien.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Radio-Canada \u00e0 Windsor n\u2019est pas seulement celle d\u2019une station. 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